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Digression

French kiss du jazz-rap

Même si le style mêlant deux cultures un peu trop différentes pour trouver à l'époque un vrai public, celui-ci n'a cessé d'évoluer et a vite traversé les fuseaux horaires pour arriver jusqu'à chez nous.

On passe tous par des stades, plus ou moins glorieux, où l’on va s’enfermer et fouiner dans un genre musical spécifique. De ma période prépubère autour des rappeurs français skyrockiens de Sully Sefil à Sniper, à mon adolescence punk -avec ou sans chien- des Betteraves aux Hives, à mes énervements de hard-tek en rave grâce à des Lebask ou Speed Freak, à ma période de faux-68tard hippie… etc. etc. Je pourrais en faire un super roman super pas intéressant. Mais non…

On peut plutôt passer directement au rap-jazz -qui me transcende assez et depuis assez longtemps pour pouvoir parler de French Kiss- un genre qui voit le jour dans les années 93. Pour se remettre dans le contexte, en parallèle The Chronic de Dr. Dre paradait dans les tops US et Nas sortait sont exceptionnel Illmatic.

Mais ! Grâce au maître et incontesté, feu GURU:

« Welcome to Jazzmatazz: An experimental fusion of hip-hop and live jazz… »

Même si le style mêlant deux cultures un peu trop différentes pour trouver à l’époque un vrai public, celui-ci n’a cessé d’évoluer et a vite traversé les fuseaux horaires pour arriver jusqu’à chez nous. En tête de liste pour l’accueillir, le collectif de producteur Jazz Liberatorz.
En vite fait (et sur le ton d’une anecdote de Karim Debbache), DJ Damage, qui se musclait les doigts à l’époque aux côtés de Crazy B (Alliance Ethnik – dont Guts faisait aussi parti d’ailleurs- ou encore Birdy Nam Nam) puis de Cut Killer, rencontre Mahdi qui bosse lui avec Dusty sur des productions d’artistes locaux. Les 3 qui, à force d’aimer les mêmes disques, forment Jazz Liberatorz en 1999.

A force de Maxis, les sons du collectif re-traversent l’Atlantique et trouvent là-bas aussi un public. On trouve du coup sur leur premier album Clin d’Oeil sorti en 2008, une flopée de featuring impressionnante dont entre autres Raashan Ahmad, Asheru et Fat Lip.

Mais si beaucoup de rappeurs font appels à des live jazz-band -ou juste en sample- (comme Oxmo Puccino ou Hocus Pocus), le travail se fait aussi dans l’autre sens. On commence alors à trouver de plus en plus des jazzmen qui de temps à autres invitent le temps d’une track ou plus des figure emblématique du hip-hop. C’est comme ça qu’on retrouvera Raashan Ahmad (décidément à l’affut sur ce genre de projets) avec Chlorine Free, ou du Nya sur l’avide du transgenre et grand trompettiste Erik Truffaz.

Du coup, tout ça mérite quand même une petite mixtape spéciale Jazz-Rap français, avec juste un amuse-gueule 3 étoiles de Guru pour commencer. Au programme, du Jazz Liberatorz bien sur, du Chlorine Free (on en a déjà parlé dans les best albums, du Oxmo (bientôt d’ailleurs en concert à la Défense avec The Pharcyde et DJ Pone, oui oui vous avez bien lu), notamment une chanson de son album avec Ibrahim Maalouf. Et quelques bonus dont Sayag Jazz Machine mais j’en reparlerai très prochainement.

Bonne écoute et n’hésitez à balancer vos sons jazz-rap bien chauvins !

La version Jazz-rap moins chauvine arrivera bientôt bien sûr. Parce qu’il y a de quoi faire.

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