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Digression

Les (très bon) clips qui oppressent

Je suis retombé récemment sur ce clip de Chris Cunningham pour Aphex Twin, -en plus de m'avoir redonner envie d'écouter pas mal de tracks du compositeur anglais- j'ai surtout voulu vous faire re-découvrir quelque unes des folies des réalisateurs, qui nous plongent dans des clips oppressant et déstabilisant.

Il aura fallu près de 4 ans a Chris Cunningham pour penser, réaliser et monter « Johnny rubber » sur Afx 237 v.7 une des tracks de l’album drukqs. On retrouve au programme des nombreux clips de ce génie des effets spéciaux, (il a notamment travaillé sur le film de Kubrick A.I.) des constructions de machines, transformations d’enfants mutants, morphing, masque en latex d’Aphex sur des enfants en pleine banlieue de Londres qui ont le don de me filer une chair de poule instantanée.

Mais si tout ses clips sont pour moi des chef d’œuvre, c’est toujours grâce à la justesse de ses montages. Entre les Squarepusher, Autechre et Aphex twin, on ne manque pas de cassure de rythmes qu’il exploite toujours avec des plans ultra-rapides, d’images subliminales toujours entre-coupées de scènes très lentes.

Malgré tout, je ne peux pas passer à côté du clip qu’il a réalisé pour Portishead sur la chanson Only you. Plus flottant qu’oppressant, on retrouve quand même cette forme de répresentation psychique d’un vieux rêve récurrent dont on arrive pas à se libérer.

Dans un autre genre d’oppression, s’il y a un clip qui nous a tous mis mal à l’aise, et qui d’ailleurs a fait très polémique pour son ultra-violence gratuite et qui a donc été énormément censuré, c’est bien Stress de Justice. On retrouve ici les français bien loin de leur univers parisien-pop, grâce à un Romain Gavras qui nous emmène au sein d’un groupe de 8 adolescents, d’une cité au centre de Paris. Ceux-ci agressant et détériorant tout sur leur passage. Une stigmatisation de la banlieue pour certains ou un appel à la violence pour d’autres. On se retrouve surtout avec un clip très bien réalisé et glaçant, le tout sur une instru lancinante et répétitive qui rend les scènes de plus en plus frustrante et stressante. Contrat pleinement rempli par Gavras donc.

Après de nombreuses accusations de racisme (uniquement des jeunes noirs tournant dans ce clip), il s’explique dans le monde: « Je ne vois vraiment pas ce qui pourrait pousser au racisme dans cette fiction. Car c’en est une : tout est joué. Que des Noirs aient tourné dedans ? C’est quand même très court comme raisonnement ! J’ai sans doute plus de respect pour l’intelligence du public, des jeunes en particulier, que mes détracteurs. Lors du casting, à Clichy-Montfermeil [Seine-Saint-Denis] où vivent plusieurs membres de Kourtrajmé, une trentaine de gamins s’est présentée, que des Renois et des Rebeus . ça peut sembler naïf, mais, moi, je n’ai vu que des petits Français. Est-ce que j’aurais dû instaurer des quotas comme dans les films américains ? ! J’aimerais bien que les gens soient sensibles au travail d’acteur fourni par ces jeunes de 14-15 ans au lieu de croire qu’ils tiennent leur propre rôle. »

On peut finir avec Time to dance de The Shoes (qui ont l’habitude de se démarquer grâce à leur clip). Quand Daniel Wolfe réalise le clip du duo d’electro-pop français , on se retrouve avec un Jake Gyllenhaal dans la peau d’un sérial killer qui n’a rien a envier aux Patrick Bateman (American Psycho), Alex Delarge (Orange Mécanique) ou autres. Alors Ok, ca fait quand même deux clips de violence un peu gratuite, dont celui-ci plus optimisé pour un bon buzz que pour une vraie idée. On a un peu du mal à voir le rapport entre la chanson et le thème du sociopathe mais bon. Un clip encore une fois très bien réalisé et dont apprécie au final l’étrangeté de la confrontation entre une envie de danser et un léger soucis de brutalité.

Quelques scènes choquantes quand même, âmes sensibles s’abstenir.

Et si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à nous partager ça dans les commentaires.

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